Communiqué public : Grève nationale, agraire et populaire en Colombie

En Colombie, depuis le 28 avril, des milliers de paysans, d’indigènes, d’afro-descendants et d’habitants des villes ont commencé une grève nationale, agraire et populaire, en réponse au vol systématique de leurs biens et de leurs ressources naturelles, à l’abandon des campagnes et à la stigmatisation dont les organisations sociales font l’objet. Les grévistes, dont font partie des hommes et des femmes de toute la Colombie, exigent aussi que les accords conclus avec l’État par le passé soient respectés et que soit mise en place une réelle participation dans la solution à leurs problèmes et dans la construction de la paix et de la justice sociale.

Nous, signataires de ce communiqué, considérons que les revendications de ces populations, qui exigent des terres pour les populations paysannes et un aménagement du territoire qui leur permette de développer leur économie sont justes et doivent recevoir des réponses concrètes de la part de l’État colombien. Nous soutenons leurs demandes pour que le modèle extractif minier soit changé et que les traités de libre-échange qui ont causé de graves dommages environnementaux, sociaux et économiques soient modifiés.

Nous invitons le gouvernement dirigé par Juan Manuel Santos à établir un dialogue social capable de résoudre des problèmes cruciaux comme le coût élevé des facteurs de production, les dettes des paysans envers les banques, l’accès aux semences non-modifiées génétiquement et l’utilisation durable des eaux.

A travers ce communiqué, nous voulons également exprimer notre soutien au mouvement social colombien dans son exigence de respect des droits fondamentaux dans une société démocratique, tel que le droit à la grève et à la mobilisation pacifique. De plus, il est nécessaire que soient garantis les droits de l’opposition à l’exercice du pouvoir et à une participation décisionnelle quand ils sont obtenus par les voies démocratiques.

Dans les mobilisations actuelles, nous observons avec préoccupation qu’une fois de plus, ces organisations sociales ont fait l’objet de politiques répressives et violentes, que les autorités colombiennes ont fait usage de la force de manière disproportionnée et que de plus, ceci a été complété par des actions judiciaires qui criminalisent ces protestations pacifiques et empêchent la libre mobilisation. Les allégations des autorités colombiennes, prétendant que les guérillas sont à l’origine de la grève – de même que les actes répressifs commis contre la population à Cali, Neiva, Sur de Bolívar, Catatumbo et dans le Centro-Oriente – sont inacceptables, car elles mettent en danger la vie de ceux qui protestent de manière pacifique.

Nous exigeons finalement du gouvernement colombien qu’il donne une réponse aux plaintes des organisations rurales de la « Cumbre agraria, campesina, étnica y popular », en établissant des accords pour résoudre les problèmes de la paysannerie colombienne et de la population en général.

Nous invitons finalement les personnes et les organisations sociales et politiques européennes à s’approprier les revendications du mouvement social colombien, qui sont également celles des populations européennes, en réalisant des actions qui rendent ces luttes visibles et renforcent la solidarité entre les peuples.

Signatures :

Groupe suisse “Rencontres pour la paix de Colombie”
SOLIFONDS.
MultiWatch
Uniterre, syndicat paysan suisse
Parti solidaritéS
Parti suisse du Travail/POP
Parti Les Verts – Bienne
Gruppe für eine Schweiz ohne Armee (GSoA)
Arbeitsgruppe Schweiz Kolumbien
Secretariado de América Central / Zentralamerikasekretariat
Asociación Suiza-Cuba ASC/VSC
Attac suisse
Longo Mai
Unia, syndicat suisse
ALBA SUIZA
Mathias Reynard (Conseiller national suisse)