amia nisman wikileaksNatalio Alberto Nisman a été retrouvé mort dans son appartement lundi matin (ndlr, le 19 janvier 2015). Il était le procureur chargé de l’enquête sur l’attentat contre l’Association mutuelle israélite argentine (AMIA) qui a coûté la vie à 85 personnes en 1994.

Natalio Alberto Nisman est devenu célèbre internationalement quand WikiLeaks publia en 2010 une série de messages de l’ambassade des Etats-Unis en Argentine. Ces messages montraient comment l’enquête qu’il menait sur l’attentat de l’AMIA, qui a coûté la vie à 85 personnes en 1994, était dirigée par Washington.

Dans les câbles diplomatiques filtrés par l’association dirigée par Julian Assange, il y a des rapports sur les visites de Nisman à l’ambassade et aux États-Unis où se discutaient les détails de l’affaire. Il envoyait des documents légaux avant de les présenter à la Justice argentine et il s’excusait même de ne pas avoir avisé de procédures inhérentes à sa charge.

Avocat de profession, Nisman a acquis une expérience comme procureur dans les tribunaux de Moron, dans la province de Buenos Aires. Il a été marié à la juge fédérale Sandra Arroyo Salgado, laquelle est fréquemment suspectée de relations avec la SI (Service d’intelligence de l’Argentine).

Nisman et les Etats-Unis

Dans le cadre de l’enquête pour la cause AMIA, Nisman a ordonné en 2008 la détention de l’ex-président Carlos Menem et de l’ex-juge Juan José Galeano. Ce fait, selon les documents filtrés de WikiLeaks, aurait contrarié le Bureau fédéral d’investigations (FBI).

En mai 2008, l’ambassadeur étasunien Earl Anthony Wayne s’est plaint dans un télégramme, émis pendant la nuit, de la demande de détention de Carlos Menem et des autres fonctionnaires pour entraves dans l’enquête.

Dans un autre message écrit le 27 mai 2008, l’ambassade des Etats-Unis en Argentine signale que Nisman a appelé l’ambassadeur étasunien pour s’excuser du fait que la demande d’arrestation de l’ex-président Carlos Menem ait coïncidé avec la visite du vice-directeur du FBI dans le pays.

Nisman a dit « je ne savais pas à qui d’autre informer ». Dans le même câble, l’ambassade des Etats-Unis avertit que le FBI a encouragé Nisman pour qu’il focalise son enquête sur l’attentat et non sur les supposées « dissimulations ». Quelques jours après, Nisman fournit plus d’explications (« Le procureur spécial de l’Argentine défend ses actions », relate un autre câble).

D’ailleurs, Nisman informait les Etats-Unis sur la piste de nouveaux suspects avant de les signaler à la Justice de son propre pays. Dans un câble du 19 mai 2009, Nisman avertit l’ambassade des Etats-Unis sur la prochaine accusation d’un nouveau suspect dans l’affaire, et ceci même avant que le juge Canicoba Corral en reçoive l’écriture.

Il a travaillé durant 10 ans avec l’« espion historique », l’ex-Directeur général d’opérations du Secrétariat d’intelligence (SI), Antonio Stiles, alias « Jaime Stiuso », qui s’est retiré de son poste en décembre après 42 ans de service, dont 7 années durant les quatre gouvernements militaires qui ont laissé 30’000 détenus-disparus dans le « Processus de réorganisation nationale » (1976-1983).

Jaime Stiusso a eu également d’étroites relations avec l’Agence centrale d’intelligence des Etats-Unis (CIA) et le Mossad israélien.

Source : http://www.librered.net/?p=36932

Traduction CT